
Que ne suis-je éphémère. Un petit rien au milieu d'un grand quelque part, entouré par les eaux. Je vois un bateau s'éloigner au loin, ses grandes voiles blanches se fondant dans la masse cumulée de nuages, d'orageuses cités perchées dans un arbre centenaire. Je ne cherche pas. Je ne perçois qu'eux, qui m'écorchent de leur bonheur affiché quand moi je n'ai qu'un vide en guise de souvenir. Donnez-moi des projectiles. Faites-leur mal. Je veux les briser, les anéantir, les annihiler. Je veux les gommer de mon monde. Tous ceux qui me volent mes délices et se les accaparent.
Courez, mourrez. Je vous hais.
Présentez-moi un espoir d'atténuer ces lancinants coups d'absence. Battue à mort par la séparation. Quelle garce. Je l'abhorre. Je vous déteste. Parlez-moi de rancœur, ma destinée en cascade. Je veux me laisser glisser dans les tréfonds de mon cœur insalubre et m'y allonger. Aperçus abasourdis.
Je ne comprends pas.
Je ne vois pas. Tout est gris, humide et salé. Perles amères qui traversent mes joues, laissant un champ de bataille dévasté. Je souffre. Ça tangue. Donnez-moi une cigarette, consumez-moi. De l'abandon à la déchéance, au delà de l'arc-en-ciel terne qui fait office d'espoir au sein de ce paradis factice. Vivre de rien, rêver de peu.
Jugements adéquats sur l'insanité de mes mots. Lettres mixées et déraison.
De l'eau, partout. L'ondée outrepasse mes désirs et se faufile dans les interstices de ma conscience et de mon ébriété artificielle. J'ai cessé d'être.
Regarde-moi.

