mardi 3 novembre 2009

Pérégrinations. (III)




Que ne suis-je éphémère. Un petit rien au milieu d'un grand quelque part, entouré par les eaux. Je vois un bateau s'éloigner au loin, ses grandes voiles blanches se fondant dans la masse cumulée de nuages, d'orageuses cités perchées dans un arbre centenaire. Je ne cherche pas. Je ne perçois qu'eux, qui m'écorchent de leur bonheur affiché quand moi je n'ai qu'un vide en guise de souvenir. Donnez-moi des projectiles. Faites-leur mal. Je veux les briser, les anéantir, les annihiler. Je veux les gommer de mon monde. Tous ceux qui me volent mes délices et se les accaparent.
Courez, mourrez. Je vous hais.

Présentez-moi un espoir d'atténuer ces lancinants coups d'absence. Battue à mort par la séparation. Quelle garce. Je l'abhorre. Je vous déteste. Parlez-moi de rancœur, ma destinée en cascade. Je veux me laisser glisser dans les tréfonds de mon cœur insalubre et m'y allonger. Aperçus abasourdis.

Je ne comprends pas.


Je ne vois pas. Tout est gris, humide et salé. Perles amères qui traversent mes joues, laissant un champ de bataille dévasté. Je souffre. Ça tangue. Donnez-moi une cigarette, consumez-moi. De l'abandon à la déchéance, au delà de l'arc-en-ciel terne qui fait office d'espoir au sein de ce paradis factice. Vivre de rien, rêver de peu.

Jugements adéquats sur l'insanité de mes mots. Lettres mixées et déraison.


De l'eau, partout. L'ondée outrepasse mes désirs et se faufile dans les interstices de ma conscience et de mon ébriété artificielle. J'ai cessé d'être.

Regarde-moi.

lundi 2 novembre 2009

Paris, Je t'Aime.

Je sais, je devrais vous raconter Paris. Mais je n'en ai même pas réellement envie : C'était juste tellement parfait, tellement incroyable, tellement bien. Malgré les douleurs aux pieds, le manque de sommeil et l'absence d'appétit. Pour une première découverte de la 'civilisation' à proprement parler, ça a vraiment été dément. J'ai même réussi à prendre le métro (à savoir trouver la station, changer de ligne, aller dans le bon sens et m'arrêter au bon endroit) seule. Je suis forte, et fière.

La seule chose qui m'aura manqué, c'est du temps : Pour plus de photos, pour plus profiter des gens que j'aime, pour tout voir, tout faire, tout vivre. Mais je pense qu'avec Paris, il faudrait une vie pour tout ça. Alors en attendant … J'écoute de la musique, et je me remémore tout.



Je fais des rêves glauques en ce moment. Des rêves où je me retrouve à l'hôpital et où je ne cesse de me demander comment prévenir ceux que j'aime et qui sont trop loin pour être au courant par hasard. J'essaie de leur dire qu'il y a une raison pour que je ne leur réponde pas. Je me demande aussi ce que je ferais si c'était l'inverse, si quelqu'un de cher souffrait très loin et que je ne puisse rien faire.

J'ai peur tout le temps. Pour les autres.

Je ne sais pas quoi faire.

jeudi 29 octobre 2009

Pérégrinations. (II)





Mon âme s'est égarée, jusqu'à la désespérance et l'abandon. Que ne cherché-je un monde qui n'a pas encore été inventé, peuplé de bagatelles et de fantasmes. Images et sons mêlés, confondus : Je ne suis qu'eux, je ne suis qu'un. Qu'un morceau déchiré en étoile, dont les rebords tournent translucides, détrempés par les sanglots. Des larmes. Mes larmes. Une raison, toi. Il n'est plus question de rien que de cet espace. Espace-temps, espace-sentiment, espace-rêve, et reddition. Il me semble, peut-être était-ce hier, cette course effrénée entre torpeur et délectation. Ma vie en carnage.
L'attrait des mots, des portes ouvertes et des coffres-forts. L'amour de l'interdit en symbiose, symbolisé par couleurs et affections. Ne serai-je qu'un périple. Pèlerinage où tout n'est qu'apparence.

Je pense, réfléchis, atteste, espère. Obséquieuse à en mourir.

Indicible.

Offre-moi du conditionnel déterminé à servir l'inutilité du fugace. Mon existence en course. Prairie, plaines, et ce ruisseau. Pour épancher ma soif de présence. Je veux y nager nue, y couler et m'y noyer. Heureuse. Comblée. Et soudain tout s'éteint. Le présent fait acte d'imparfait et les lumières s'éteignent dans un râle désespéré.

Je m'allonge, les yeux tournés vers un absolu vide et obscur. Les jours ne sont rien. La tempête fait rage, mes cheveux flottent au vent de mes sombres folies. Je m'évanouis. Les supports tournent, s'enchaînent, se déforment. Délires psychédéliques dans une atmosphère qui n'a plus de sens. Plus de forme. Plus.

Rien. Et ça repart.